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JO-2018: Giezendanner au pied du podium du super-G, le jour de Mayer

France 24 - L'info en continu - ven, 02/16/2018 - 07:17

Si près, si loin. Blaise Giezendanner a terminé à 20/100e du podium du super-G des Jeux de Pyeongchang, vendredi à Jeongseon où l'Autrichien Matthias Mayer, déjà or de la descente à Sotchi, a mis fin au règne norvégien.

Tout en technique et toucher de neige, Mayer (27 ans), homme des grandes occasions, a devancé de 13/100e le Suisse Beat Feuz, déjà médaillé de bronze la veille en descente, et le Norvégien Kjetil Jansrud de 18/100e, qui lui était argenté sur la descente.

Mayer et Feuz ont fait échec aux "Attacking Vikings", maîtres du super-G olympique depuis 2002.

Les Nordiques ont aussi payé l'inévitable baisse de tension, 24 heures après leur doublé en descente. Svindal avait précédé Jansrud, pour offrir à son pays sa première médaille d'or olympique dans la discipline reine.

- Index levé -

En franchissant la ligne, dossard 10, Giezendanner avait levé l'index droit vers le ciel en souvenir de son infortuné partenaire David Poisson, tué accidentellement lors d'un entraînement en novembre au Canada. "Je vois deuxième, je fais +Ouah+ et je vois que je suis devant Svindal (entre Jansrud et Svindal, ndlr). Je me dis: +là c'est possible quoi (pour le podium). Après tu ne penses pas aux gars qui restent derrière", a indiqué le Chamoniard, de père suisse et de mère anglaise.

Derrière, il y avait encore Mayer et Feuz. "Comme à Kitzbühel (9e du super-G, le 19 janvier), je n'ai pas de regrets. J'ai montré ce que je savais faire, je l'ai fait avec panache. Quatrième, c'est comme ça, il en faut un", a ajouté "Blaisou", dont le père Eric et de proches parents avaient fait le déplacement à Jeongeson, où la grande tribune sonnait creux.

Et de poursuivre: "Je me sentais bien au départ, j'avais de bons souvenirs sur cette piste (8e en super-G le 7 février 2016), le tracé était assez similaire. Mais des regrets, j'en aurai sans doute ce soir dans mon lit en voyant que je n'ai pas la médaille autour du cou".

Fils de Helmut, deuxième derrière le Français Franck Piccard du super-G des Jeux de Calgary-1988, où la discipline avait fait son entrée au programme olympique, Matthias était prédestiné à devenir un champion.

- Maier l'idole -

La chute spectaculaire de Hermann Maier lors de la descente des Jeux de Nagano-1998, quand le crack autrichien perdit l'or mais gagna le surnom de "Herminator", donna l'envie de la vitesse à l'adolescent malingre de Carinthie, dans le Sud de l'Autriche.

"C'est une journée très spéciale pour moi. Je me suis fait mal à une hanche en chutant lors de la manche du slalom de combiné (mardi), et mon kiné a eu pas mal de travail ces derniers jours. Ma hanche est encore bien bleue, mais elle a tenu. Je me suis bien concentré sur ma course. Au saut final, je sentais que ça pouvait être très bon pour moi, et voir du vert au tableau d'affichage vous procure toujours un sentiment fantastique. Mon père a gagné la médaille d'argent aux JO de 1988, et je la voyais tous les jours dans le salon familial depuis ma naissance en 1990. Maintenant, je suis très content d'avoir la mienne aussi", a indiqué Mayer.

Jusqu'à jeudi, le couplé d'or olympique super-G/descente n'avait été réalisé qu'une fois, chez les femmes par l'Autrichienne Michaela Dorfmeister en une seule édition, aux Jeux de Turin-2006. Mais pas chez les hommes.

Svindal, or du super-G aux Jeux de Vancouver-2010, et donc Mayer l'ont désormais rejointe, tous les deux en deux jours.

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JO-2018 : à 16 ans, Julia Pereira de Sousa décroche l'argent en snowboardcross

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La Française Julia Pereira de Sousa a remporté vendredi la médaille d'argent du snowboardcross. C'est la septième médaille française aux Jeux olympiques de Pyeongchang.
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Après l'affaire Weinstein, voici comment il faudrait renforcer l'égalité entre les femmes et les hommes dans la culture

Le Huffington Post - ven, 02/16/2018 - 07:00

L'affaire Weinstein, en révélant de nombreux cas de violences sexuelles ou sexistes, a libéré la parole des femmes à travers le monde et secoué le secteur des arts et de la culture, qui cultive d'ordinaire déni et omerta sur ce sujet.

Si de tels faits se sont produits, c'est parce que des inégalités flagrantes y demeurent entre les femmes et les hommes.

La découverte de ces inégalités n'est pourtant pas récente. Ce secteur avait déjà été bousculé en 2006 par le rapport rédigé par Reine Prat à la demande du Ministère de la Culture. Elle y dénonçait, statistiques à l'appui, des retards considérables en matière d'accès des femmes aux postes de directions, moyens de production et espaces de reconnaissance et de médiatisation. Ce rapport alarmait déjà sur les représentations stéréotypées des femmes dans bon nombre de productions artistiques.

En 10 ans, rien n'a bougé, ou presque. Les résistances persistent malgré les actions pédagogiques conduites, notamment par le mouvement HF (Hommes-Femmes), malgré les alertes régulières de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques), et malgré les constats publiés par le Ministère lui-même.

Pour ne citer que deux chiffres: aucune femme ne dirige de théâtre national ou de centre national de création musicale, 97% des groupes programmés par les grands festivals de musique sont composés exclusivement ou majoritairement d'hommes ; 85% des expositions-hommage dans les grands lieux d'exposition sont dédiées à un homme; 72% des avances sur recette du Centre national du Cinéma vont à des projets menés par des hommes; depuis sa création il y a 70 ans, le festival de Cannes a décerné seulement 1 palme d'or à une femme.

L'image des femmes dans les productions théâtrales, cinématographiques ou dans les jeux vidéo demeure restreinte à deux ou trois rôles stéréotypés: souvent belles, jeunes et sans ambition, ou bien méchantes et acariâtres.

En tant qu'artistes, les femmes – qu'elles soient photographes, réalisatrices, peintres, actrices, sculptrices, architectes, ... - sont trop souvent oubliées, effacées et malmenées, malgré leur contribution au matrimoine français.

"Le seul critère de sélection, c'est le talent" disent les professionnel.le.s du secteur. Pourtant, le talent n'est pas un don reçu au berceau par quelques bénis des dieux, mais bel et bien une construction sociale. En raison du sexisme, les femmes ne reçoivent pas la même formation, n'ont pas accès aux mêmes réseaux ni aux mêmes moyens pour créer une œuvre, ne disposent pas du même temps pour préparer une exposition ou pour répéter, ni d'autant d'occasions de rencontres avec les publics ou avec des médias qui forgent la réputation... "On ne nait pas génie, on le devient", disait Simone de Beauvoir. A moyens égaux, le talent le sera aussi!

Car c'est là tout l'enjeu: une distribution égalitaire entre les femmes et les hommes des financements publics, dans un secteur massivement soutenu (plus de 20 milliards d'euros en 2017). C'est un devoir démocratique.

C'est également un souci de cohérence et d'exemplarité, dans un secteur qui se présente comme émancipateur, visionnaire et progressiste, alors même que les femmes réalisatrices y gagnent en moyenne 42% de moins que les hommes.

Persuadé que seul un engagement politique ambitieux garantira le rééquilibrage paritaire à la tête des établissements culturels et l'égal accès aux moyens de production par les femmes et la réduction des représentations stéréotypées, le Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes publie aujourd'hui un rapport sur les inégalités entre les femmes et les hommes dans le domaine des arts et de la culture.

Pour répondre à ces enjeux, le HCE invite à déployer l'éga-conditionnalité des financements publics, à l'instar de l'éco-conditionnalité en matière de développement durable: car les finances publiques se doivent d'être exemplaires, aussi, en matière d'égalité entre les femmes et les hommes. Si des moyens mobilisés pour la mise en œuvre d'une politique sont inégalement répartis ou renforcent les stéréotypes de sexe, des malus devront être appliqués.

Dans la droite ligne de cette démarche, la ministre Françoise Nyssen a fait la semaine dernière des annonces inédites qui témoignent d'un engagement déterminé à faire reculer les inégalités, en prévoyant des malus financiers pour les organisations qui ne feront pas progresser la place des femmes dans leur programmation et leur direction, selon des objectifs chiffrés à définir.

Les inégalités dans le secteur des arts et de la culture sont connues. Des efforts ont déjà été réalisés. Nous souhaitons, avec volontarisme et enthousiasme que ce rapport provoque un sursaut nécessaire et vivement attendu.

Signataires: Danielle Bousquet, Présidente du Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes, Stéphane Frimat, Directeur de la Compagnie de l'Oiseau-Mouche et Anne Grumet, ingénieure culturelle, représentant.e.s du Mouvement HF au sein du HCE

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Pourquoi je n'en peux plus d'attendre que mon conjoint partage mon désir d'enfant

Le Huffington Post - ven, 02/16/2018 - 07:00

Six mois, un an, peut-être plus. Finalement on s'en fout, l'essentiel est qu'il n'est pas prêt.

Je dois l'admettre qu'il y a sept ans, il n'était pas question d'avoir un enfant. Nous nous amusions sous les draps plus que nous nous imaginions parents. Nous aimions voyager, découvrir de nouveaux restaurants, de nouvelles saveurs et nous avions des entreprises à gérer malgré nos jeunes âges. Il y a toujours eu un léger décalage entre nous, une sorte d'inégalité des genres qui a fait que tout était plus simple pour lui que pour moi. Pendant que son père lui filait les rennes de ses sociétés, mes parents, ne partageaient avec moi pas même un « je t'aime ».

Moi, j'ai tout plaqué; mes parents, mon frère, mes amis, ma grand-mère, le soleil du sud et notre belle maison. Jamais je ne l'ai envié d'avoir eu plus de chance, de facilité que moi. Au contraire, je suis fière de n'avoir jamais rien eu à lui demander si ce n'est peut-être de m'encourager à ne rien lâcher et me rassurer sur le fait que j'ai bien fait de construire mon rêve seule et ce malgré l'absence des miens et les nombreux manques qu'ils ont toujours laissés en moi et dans mes souvenirs de petite fille.

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Je n'ai pas tout quitté pour lui. Parfois, je le regrette car tout donner est toujours un bon argument pour exiger et attendre en retour. Avec cet argument, les hommes réfléchissent toujours à deux fois avant de faire des efforts.

Je n'ai pas tout quitté pour lui et je vais devoir donc attendre qu'il soit prêt à vouloir un enfant de moi. Parfois, j'ai l'impression d'être punie de ne pas lui avoir assez donné. Qu'aurais-je pu lui offrir de plus si ce n'est l'envie et le besoin de partager bien plus que des draps ?

Je pensais pourtant que nous avions dépassé le stade des doutes, je ne pensais pas avoir un jour aussi peur de ses réponses alambiquées, de sa gestuelle approximative et de son ton trop bienveillant. Ceux dont nous usons quand on ne veut pas blesser, ceux qui font malheureusement déjà bien trop mal.

Mes anniversaires, les siens et ceux de notre rencontre ont passé. Forcément, j'ai attendu un signe quelconque, une perche à saisir mais au fond de mon verre de champagne, les milliers de petites bulles alcoolisées qui s'écrasaient contre la paroi de ma coupe, venaient briser tout espoir de grossesse. Plus il me resservait et plus il me faisait mal. Ce soir-là, encore une fois, j'ai trop bu pour oublier ma peine avant de me coucher le ventre fatalement vide.

Mon ventre n'a pas toujours été vide de sens et d'intérêt. J'ai porté la vie une fois, durant quelques semaines. Par accident, sans le vouloir mais en l'ayant inconsciemment désiré je crois. Nous étions jeunes, instables, sans ressources veritables et surtout, nous n'avions jamais envisagé l'idée de devenir parents. C'est sans doute pour cela qu'il n'a pas paniqué et qu'il a même évoqué l'idée de le garder... Parfois, je me dis que la vie est une sacrée salope.

Je ne lui ai jamais parlé de ce désir de concevoir, de porter la vie, de devenir mère. Peut-être est-ce parce que j'avais un deuil à faire... Je ne voulais surtout pas qu'il s'imagine que tout était oublié, les prises de sang et les échographies, l'attente, la douleur et ce tout petit cœur. L'avant et l'après. L'après fut le plus douloureux comme toujours. Les remords, la culpabilité, l'impression d'avoir fait une énorme connerie, les regrets aussi - peut-être... Je savais néanmoins que nous avions fait le bon choix mais il ne s'est pas passé un jour sans que je pense à cette mère que j'aurais été si seulement nous avions eu quelques années en plus...

Cet enfant aurait eu 5 ans et pour la toute première fois, j'ai oublié de me souvenir de la date supposée de sa naissance. Je crois que cela signifie que mon deuil est enfin fait.

Je peux comprendre qu'il ne soit pas prêt aujourd'hui pour des lendemains à trois. Mes amies me parlent souvent de cette inquiétude qui les poursuit à chaque seconde que Dieu fait, de leur cœur qui se serre quand il est malade ou bien malheureux et de leur ventre qui se noue quand il faut se séparer ne seraient-ce que quelques heures... Lui, n'est surtout pas prêt à affronter ce tourbillon d'émotions et de sentiments. Il a déjà tellement donné en étant amoureux pour la première fois...

Nous ne pouvons pas les forcer après tout. Le fait de le forcer, le menacer ou pire, le supplier serait comme le pousser dans le vide pour qu'il s'écrase des centaines de mètres plus bas. J'assasinerai alors tout effet de surprise... De quoi rêverai-je alors ?

J'ai longuement réfléchi aux raisons pour lesquelles je souhaitais un enfant. Il ne s'agit pas de combler des manques ni de meubler les cases vides de mon cœur d'enfant. Il n'est pas non plus question de tourner la page ni d'oublier ma première grossesse. Je ne veux pas un enfant pour faire comme mes copines ni pour transférer une partie de mon histoire sur son âme innocente non. Si seulement vous saviez comme j'ai simplement envie de l'aimer... Y'a-t-il une heure pour le bonheur ? Quel est le bon moment pour aimer vraiment ?

Mon amie me dit d'attendre encore un peu, de lui laisser du temps pour se préparer aussi à perdre petit à petit quelques uns de ses potes, ses soirées solo, des soirées foot, ses grasses mat' et ses envies d'ailleurs qui moi, ne me surprennent plus.

Mon amie me dit aussi que ce n'est pas que ça être un parent. Il ne s'agit pas seulement de perdre ou de gagner... Moi, quand je l'écoute parler de sa fille, j'ai plutôt l'impression qu'elle a découvert tout ce qu'elle ne soupçonnait pas d'elle et c'est son visage lumineux qui, à chaque fois que je la vois, me donne envie de voir le mien s'illuminer de la sorte à mon tour.

"Six mois, un an, peut-être plus" ça fait si mal quand on aime autant.

Et entre eux, mon horloge biologique tourne, tourne. Souvent, je fais des rêves dans lesquels je suis assise sur une chaise froide, dans un quai de gare et j'attends. Les gens sont pressés, certains courent, d'autres s'embrassent pour se retrouver tandis que d'autres s'enlacent pour s'oublier. Et je regarde les trains passer, la pluie tomber, les gens partir et cette vieille horloge aux aiguilles rouillées tourner. Et si ça ne marchait plus ? Cette fois-là n'était peut-être qu'un malheureux coup de chance, un triste hasard, un vilain concours de circonstances... Sommes-nous vraiment certain que la foudre ne tape jamais deux fois au même endroit ?

Et je suis seule à attendre, à avoir peur du temps qui passe et de la trentaine qui approche; seule à me réjouir des grossesses que l'on m'annonce; seule à m'émerveiller de la beauté d'un enfant, de ses petits doigts délicats et du visage radieux de sa mère; seule à trouver cela beau un homme qui n'a plus peur...

Alors, prends ton temps, prends même celui que je n'ai plus le temps de prendre pour t'attendre.

Et si tu veux rêver avec moi, je serai au bout de ce long couloir. Mon amour, sois sûr que je t'attendrai six mois, un an, peut-être moins, peut-être pas plus.

Ce billet est également publié sur le blog La maternité pour une nulle.

(Le nom de l'auteur a été modifié à sa demande)

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Pourquoi je déteste l’étiquette de "maman"

Le Huffington Post - ven, 02/16/2018 - 07:00

Deux personnes sont autorisées à m'appeler maman: mon fils de 9 ans et ma fille de 12 ans (ils continuent à m'appeler ainsi, ce que j'adore, et je serai très triste quand ils arrêteront de le faire).

Mais cela n'empêche pas d'autres personne de m'appeler comme ça.

"Salut, la maman musclée!" ai-je entendu en arrivant à la salle de sport.

"Waouh, une soirée entre mamans!" s'exclame le mari d'une amie quand on se prépare à aller dîner entre copines.

Ce genre de moments me rappellent la dernière phrase d'un sketch de l'émission Saturday Night Live: "Je ne suis plus une femme, je suis une maman."

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Être considérée comme une maman dans un environnement qui n'a rien à voir avec les enfants m'agace au plus haut point. Mes amies et moi sommes des femmes accomplies, talentueuses et complexes. À la salle de sport, je suis une athlète de CrossFit; je travaille dur, plus dur que certaines personnes moitié plus jeunes que moi. Et pourtant, on me définit par le fait que j'aie des enfants.

Je n'ai pas de problème avec la maternité mais ce n'est pas quelque chose que je revendique.

Quand ma fille est née en 2005, elle est devenue le centre de ma vie. La perspective de la laisser chez une nourrice de 8 h à 17 h me brisait le cœur. J'ai donc quitté mon plein temps et trouvé un temps partiel en tant que rédactrice pour une association à but non-lucratif. Lorsque je ne travaillais pas, je m'occupais de ma fille ou je rêvais d'être avec elle. Je consacrais toute ma passion et mon énergie à mon rôle de mère.

Avant d'avoir des enfants, j'ai participé à des combats de boxe amateurs. J'ai appris à surfer et j'ai passé huit jours dans une cabane sur une plage au Mexique avec mon mari. On passait des heures sur nos planches le matin et en soirée.

Je n'étais pas téméraire (je faisais beaucoup de choses qui me terrifiaient) mais j'aimais l'aventure.

Après mon premier bébé, j'ai pris conscience des conséquences de ce mode de vie. Être responsable d'un petit être humain m'a ouvert les yeux sur toutes les choses horribles qui pourraient m'arriver. La sécurité est devenue ma priorité. J'étais ravie de faire passer les besoins de quelqu'un d'autre avant tout le reste, et j'ai beaucoup appris durant toutes ces nuits noires suivies de petits matins tranquilles. Ca me faisait du bien de me concentrer sur quelqu'un d'autre que moi, mais j'ai fini par me perdre.

Ça a duré presque deux ans. Aux alentours du deuxième anniversaire de ma fille, le brouillard de la maternité s'est peu à peu dissipé. J'ai commencé à écouter autre chose que des comptines pour enfants, à faire plus de sport, et j'ai repris contact avec mes amis. Je me suis rappelé qui j'étais avant de devenir mère.

Et puis, je suis retombée enceinte. Le brouillard s'est de nouveau épaissi. J'étais préoccupée par ma grossesse et par ma fille, et morte d'inquiétude à l'idée de devoir m'occuper de deux enfants en bas-âge.

C'était en 2007, quand la crise des subprimes faisait la une des médias. Je savais vaguement que l'économie s'effondrait, que tous les signaux étaient au rouge, mais les voix des journalistes étaient voilées par ma grossesse et ma fille.

Mon fils est né en juin 2008, mais la situation économique continuait d'empirer. La faillite de la banque Lehman Brothers, en septembre de cette année-là, était un événement effrayant mais je ne me sentais pas concernée.

La réalité a fini par nous rattraper.

Mon mari a perdu son travail en janvier 2009 et, un mois plus tard, l'association pour laquelle je travaillais m'a fait savoir qu'elle n'avait plus besoin de mes services. Nous avions un prêt, un bébé, une fille de trois ans et aucun revenu. Pendant que j'étais obsédée par les périodes de sommeil et les couches à changer, l'économie américaine avait implosé. Je ne pouvais plus m'offrir le luxe de m'occuper exclusivement de mes enfants. Je devais trouver du travail et, pour ce faire, il me fallait retrouver la détermination et la motivation qui m'avaient animée avant que je ne devienne maman.

Je me suis mise à mon compte en tant que rédactrice-relectrice. Mon mari a trouvé un emploi en trois mois, et j'ai commencé à travailler de chez moi, en me démenant pour atteindre le niveau de mes revenus d'auparavant. Je me souciais tout de même de ce que mangeaient mes enfants, de savoir s'ils grandissaient bien et en bonne santé, mais je me concentrais également sur mon travail. Le fait que nous soyons actifs tous les deux a fini par me stimuler, même si ça me terrifiait au départ. J'avais toujours rêvé d'être freelance: c'était ma chance de le devenir.

Vers le milieu de l'année 2010, motivée par ma carrière qui décollait, et désormais consciente de ce que j'étais capable d'accomplir en prenant des risques et en travaillant dur, je me suis inscrite dans une salle de CrossFit. C'est là que, cinq ans après la naissance de ma fille, je me suis redécouverte.

La plupart des gens avaient dix ans de moins que moi et ceux avec qui je m'entraînais régulièrement n'avaient pas d'enfants. Dès que je leur parlais des miens, leur regard se perdait dans le vide. J'ai donc dû réapprendre à parle d'autre chose que des siestes, des goûters ou des moments où je les mettais au coin.

Pendant cinq ans, j'avais mis mon corps au service de mes enfants, pour les porter, les allaiter, les bercer, les prendre dans mes bras, les câliner... Et voilà que je passais une heure par jour à apprendre comment faire des tractions et des pompes. J'ai soulevé des haltères pour la première fois, appris à m'accroupir, à tirer et à soulever la barre au-dessus de ma tête, à faire un arraché et un épaulé-jeté.

J'ai retrouvé la musique que j'aimais, le rock violent et le rap qui tache. Je me suis remise au surf, à la lecture. Je n'ai pas renoncé à mon identité de maman; j'ai seulement pris conscience que mon existence ne se résumait pas à ça. C'était comme si je remettais ma robe préférée après des années, que je constatais qu'elle m'allait vraiment bien et que je me demandais pourquoi j'avais arrêté de la porter.

Je n'ai jamais regretté une seule seconde d'être maman. J'adore ça, et je suis très heureuse de voir combien ça m'a changée. Je n'avais aucune idée de tout l'amour que je pouvais ressentir, ni de la joie (sans oublier l'inquiétude et l'irritation) que m'apporteraient mes trésors. Avoir des enfants m'a rendue moins égoïste, plus bienveillante. Grâce à eux, j'ai rencontré certains de mes amis les plus chers.

J'ai aussi compris qu'il était important de ne pas oublier qui j'étais avant d'avoir des enfants, ni de me perdre à force de me soucier de leurs besoins.

Alors quand on dit parle de "maman musclée", de "soirée entre mamans" ou qu'on désigne un verre de vin comme une "boisson de maman", ça me ramène à toutes ces années où je m'étais perdue.

Et ça, plus jamais.

Ce blog, publié à l'origine sur leHuffPost américain, a été traduit par Typhaine Lecoq-Thual pourFast For Word.

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Mieux vaut être lesbienne à Londres qu'à Paris

Le Huffington Post - ven, 02/16/2018 - 07:00

Depuis que je vis en Angleterre, je n'ai plus à craindre de marcher tard la nuit dans une ville de banlieue déserte et glacée pour aller voir un film de fantômes ou de me soucier de possibles regards torves ou de remarques insultantes, bien sûr les agressions contre les femmes existent ici aussi, mais moins fréquentes et agressives. Personne ne m'a encore sortie d'un bar pour avoir embrassé une amoureuse, comme à Jourdain, à Paris, il y a quelques années, ni insultée, à Raspail, toujours à Paris pour des baisers lesbiens encore.

Il y a quelque chose dans ce pays qui est moins violent envers les femmes, moins latin, moins misogyne, moins exubérant. En apparence. Serait-ce cette froideur qu'on appelle pudeur dans le vivre-ensemble britannique? Serait-ce une meilleure acceptation de l'autre et de ses différences, fussent-elles de religion, d'apparence, de genre, de race? On ne pointe pas la différence chez l'autre ici, sa race, sa sexualité, on ne pointe rien. On se réjouit que l'autre existe. Alors, oui, parfois, comme une Deneuve hystérique, cela m'a manqué, comment, personne ne me regarde, ne me remarque, ne me désire? Mais, aussi, quelle paix, aussi, de ne pas se faire déshabiller du regard par des yeux impudiques, ou ne pas risquer de se faire toucher sans l'avoir voulu.

Je me suis dit comme tant d'autres que Deneuve et Bardot, c'était le Vieux Monde des rapports hétéros où l'on tolère que la séduction masculine puisse déraper en violence misogyne, voire en haine, mais que cela doit être car selon elles, il appartiendrait à la nature du masculin d'être conquérant, offensif, et brutal et empêcher cela allait simplement empêcher le désir masculin de fleurir et de s'épanouir et d'exister tout simplement. Fliquer la parole et les actes des hommes reviendrait à les dénaturer et à déformer la séduction entre les hommes et les femmes. Et puis, ce qui m'est apparu immédiatement, aussi parce que je travaille en lycée de garçons ici, en Angleterre depuis deux ans, c'est la grande fragilité de la construction masculine et non sa force, contrairement à la force sociale réelle des filles. La fragilité masculine, j'entends déjà les moqueries françaises, encore une folle féministe qui veut émasculer les hommes. Que nenni. Je les aime. Beaucoup. Et je me suis longtemps pensée comme eux. Fragilité car en réalité on leur apprend à extérioriser leurs pulsions agressives sur les autres, au premier rang, leur mère, et on approuve cela, et on ne leur apprend pas à métaboliser et à liquider les pulsions négatives en eux. Pourtant, ces pulsions de haine qui les angoisse, sont bien normales, on grandit avec, on apprend à les digérer et à les transformer; les filles, elles, vont les retourner contre elles, car c'est ce qu'on leur enseigne, avec la pression sociale, esthétique, personnelle, elles sont nombreuses à se blesser (il y a beaucoup de self-harming chez les ados d'aujourd'hui) et à rechercher le contrôle de leur image ou de leur corps au milieu de grandes angoisses existentielles.

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Les garçons de ces écoles que je traverse sont dans une grande demande affective mâtinée soit d'un grand respect, soit d'une grande provocation délinquante mais toujours d'une sensibilité meurtrie par la société et épuisée par les distractions des écrans sur portables. D'une rive à l'autre, ils veulent qu'on les soutienne, qu'on les magnifie, qu'on les aime, qu'on les adule, et qu'on les chérisse. Les filles, le désirent aussi mais le montrent beaucoup moins, elles veulent certes qu'on les écoute, et qu'on les mette au défi, mais qu'on les laisse tranquille aussi. Elles respectent et maîtrisent beaucoup plus les règles sociales d'intégration et de réussite professionnelle que les garçons d'aujourd'hui.

Et puis je vois en Angleterre, beaucoup plus de certitude ici dans les genres et les sexes, ce qui permet aussi plus de jeux et de trouble. Mon ami caissier de Sainsbury qui veut qu'on l'appelle d'un prénom féminin, se met du fard, mais n'a pas changé de sexe, adore que l'on reconnaisse sa féminité dans son corps d'homme. Il est dans un entre-deux qui n'est ni léthal ni intenable, il assume un Soi authentique et singulier.

Si j'embrasse ma femme dans la rue, je n'ai pas peur qu'on m'insulte ou qu'on me frappe car cela serait puni immédiatement et gravement. Oui, l'histoire avance avec les femmes, et la construction du fragile édifice de la haine des hommes contre les femmes a été à nouveau dévoilé, édifice qui s'est consolidé sur le silence du mensonge et du déni symbolique que les hommes racontent aux femmes. Non, ils ne sont pas les plus forts, oui ils sont peut-être les plus fragiles et ont caché cela en se mettant en position de plus forts, mais fragiles dans leur dépendance première à celle qui les a mis au monde et à ceux qui les ont amenés dans le monde et les ont aidés à se construire.

Les fantômes du MLF français n'en finissent pas de revenir entre femmes hétérosexuelles euphoriques qui se sont battues pour dissocier la liberté de faire l'amour du désir de faire un enfant et lesbiennes androphobes qui veulent développer l'entre-soi et le masculin lesbien. Aujourd'hui, les femmes sont encore divisées entre celles qui se sont construites dans une subjectivité féminine hystérique dépendante du vieil ego fragile et violent des hommes et celles qui se sont émancipées de cette définition-là pour assoir leur subjectivité de femme dans la filiation sororale, des sœurs de l'émancipation féminine. Entre celles qui lisent Sade et Iacub et celles qui lisent Olympe de Gouge, Despentes et Geneviève Fraisse. C'est l'anniversaire des Suffragettes en Angleterre, avec un doigt d'honneur pour le monde des privilèges masculins. On choisira sans hésiter Fraisse, Olympe de Gouges et Despentes..

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Ce que les mots utilisés par Gérard Collomb disent de sa vision des réfugiés

Le Huffington Post - ven, 02/16/2018 - 07:00

Mon cher Gérard,

Les mots sont des traîtres – ou des lanceurs d'alerte, c'est selon. Pour peu qu'on sache leur prêter attention, ils recèlent ce que l'on ne saurait avouer sans se perdre. J'écoute souvent tes mots, par les temps qui courent. Notamment ceux que tu emploies pour justifier la politique migratoire que tu conduis. Tu conviendras avec moi qu'ils sont édifiants.

Tu parles d'arrivants en augmentation "exponentielle". Et voilà qu'aussitôt me vient à l'esprit une courbe qui se cabre et sort du cadre, tout en haut et tout à droite, vers l'infini. Parmi tes pairs, il n'y a guère que Cédric Villani qui sait qu'une exponentielle est une fonction qui transforme une somme en produit. Je ne sais si c'est mieux, mais qu'importe: ce que tu veux dépeindre, c'est une menace. Ce que tu veux figurer, c'est le risque effrayant d'une perte de contrôle. Ce que tu veux démontrer, c'est une reprise en main.

Un ancien président de la République, pour parler des réfugiés, avait choisi la métaphore plombière. Il voulait colmater des brèches, arrêter les fuites d'eau. Tu as préféré opter pour le confort de l'abstraction mathématique. La plomberie a le défaut de ne pas être une science exacte. Elle astreint au rafistolage, ce qui n'est pas très noble. Avec la fonction exponentielle, on est dans le domaine du sérieux, de l'objectif, du quantifié, de l'éprouvé. De l'incontestable, même. C'est pratique. Cela met à distance.

Cela permet par exemple de parler de stock et de tri. Des personnes ont été "stockées" dans des centres de rétention, parce qu'on ne savait pas quoi en faire? On va clarifier tout cela. Trop d'unités en dehors des nomenclatures? On se contentera de "faire le tri" entre l'économique et le réfugié. Le stock et le tri, ce ne sont pas comme des personnes. Le stock et le tri, ça s'automatise. Il suffit d'avoir de bons contrôleurs de gestion, de bons critères, de bonnes procédures, un bon système de monitoring. C'est qu'il faut performer, Monsieur le ministre de l'Intérieur! Démontrez-nous vos talents de chef de projet logistique.

Car si tout n'est que logistique, alors tout est simple.

Réduire de 45 jours le délai de dépôt d'une demande d'asile? Ce n'est pas une régression des droits, c'est un gain de productivité. Il faut être "plus efficace".

Étendre la durée de rétention de 45 à 90 jours? Ce n'est pas une privation de liberté difficilement justifiable, ce n'est qu'une meilleure "gestion des flux".

Autoriser les forces de l'ordre à pénétrer dans les centres d'hébergement d'urgence, pour vérifier qui est en règle ou qui ne l'est pas? Ce n'est pas remettre en cause un principe jusque-là sanctuarisé, c'est garantir une meilleure traçabilité.

Petit à petit, la langue de la politique migratoire – ta langue, Gérard – gomme tout ce qu'il y a d'humain dans l'exil. Elle passe sous silence la densité de l'existence du nouvel arrivant: son histoire, sa trajectoire, ses espoirs. Ses souffrances, ses peurs, ses rêves.

Progressivement, le migrant est réduit à un être en transit qu'il s'agit d'aiguiller sur la bonne voie et de placer dans la bonne case.

Un à un, les paliers sont franchis. Les principes perdent leur couleur et leur évidence. Les tentes lacérées, les couvertures confisquées? Une procédure qui a mal tourné, et non le viol d'un droit minimal: celui de se protéger par le plus grand froid.

Tout cela se dilue dans les chiffres, ce nouveau viatique, que tu critiquais naguère lorsqu'il s'agissait de police et que la droite était au pouvoir, mais que tu vénères aujourd'hui, alors qu'il s'agit de déshérités. Mais que sont les chiffres des arrivants en France, en comparaison avec ceux qu'ont accueillis l'Allemagne et l'Italie? Les 100.000 que tu évoques sont dix fois moins que le million arrivé outre-Rhin.

Le fin lettré que tu es, cher Gérard, sait que les mots façonnent notre perception du réel. Mieux: le politique averti que tu es, M. le ministre de l'Intérieur, sait que le premier des pouvoirs consiste à dire ce qui est et ce qui n'est pas. Rien n'est plus performatif que la langue que nous manions. C'est une immense responsabilité.

Je ne dis pas qu'il est facile de concevoir et de conduire une politique migratoire. Je ne dis pas que tu es illégitime à le faire. Je ne dis pas que nous n'avons pas fait d'erreurs lorsque nous avons dû en bâtir une. Ce que je dis, c'est qu'en écrivant ta politique migratoire avec les mots qui ont cours dans les entrepôts d'Amazon ou de FedEx, tu perds de vue l'essentiel. Tu es d'autant plus enclin à sacrifier la décence et les principes que rien dans tes mots ne t'y renvoie.

Tu sais au fond de toi qu'il n'y a rien d'équilibré dans la politique migratoire que tu conduis. Tu sais que tous ceux qui travaillent à l'accueil des migrants n'accepteront jamais les nouvelles règles que tu proposes. Tu sais même que les réfugiés préfèreront errer dans les rues plutôt que d'aller dans des camps – et le zéro SDF ne sera qu'un autre horizon lointain.

Tu sais tout cela, parce que tu sais d'où tu viens. "On pourrait mettre un prix aux pensées, a écrit Wittgenstein. Certaines coûteraient fort cher, d'autres très peu. Quelle est l'unité de compte pour les pensées? Le courage, je crois." Du courage, Gérard: voilà ce que nous attendons de toi. Le courage de ne pas oublier qui tu as été. Et si tu ne le fais pas par humanisme, fais-le au moins pour la France, sa réputation et son honneur.

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Nous avons 25 ans et nous croyons que la Chine est notre avenir

Le Huffington Post - ven, 02/16/2018 - 07:00

Le Nouvel an chinois. Derrière cette célébration, nous ignorons bien souvent qu'il s'agit, chaque année, de la plus grande migration annuelle avec plus de 3 milliards de déplacements individuels. Les usines chinoises demeurent ainsi fermées durant près d'un mois. Notre connaissance du Nouvel An est à l'image de notre regard porté sur la Chine depuis la France. Nous n'en n'avons qu'une vague idée sans en mesurer la profondeur.

Agés de 25 ans, la Chine nous a bousculés. Parce qu'on ne comprend pas la Chine, on se refuse à la connaître et à l'aimer. À Shenzhen, à Shanghai ou encore Wuhan, nous avons été marqués par sa jeune génération dynamique et fière. L'agenda mondial est, quant à lui, chaque jour davantage dessiné par la Chine. En témoigne la nouvelle Banque Asiatique des Investissements pour les Infrastructures ou la nouvelle Route de la Soie. Chaque Chinois, à l'image d'une monade, reflète cette volonté de s'en sortir, de progresser et de prospérer. Et vite. Jeunes diplômés, nous avons ressenti le besoin d'approfondir notre connaissance de la Chine. Mais nous avons aussi peur de nous retrouver désarmés face à une Chine qui nous échappe et qui nous dépasse. Lorsque l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes focalise l'attention tant politique que médiatique en France pendant plus d'un an, la Chine construit plus de 100 aéroports dans le silence le plus complet. La Chine avance, promptement, avec un mélange complexe de tradition et modernité, de liberté et de censure, d'ambition et d'humilité. Une terre de contradictions qui s'apprécient difficilement.

Comment alors mieux la connaître? En allant à la rencontre de la Chine. En nous rendant en Chine. En apprenant très jeune sa langue pour en comprendre la culture. Nous devons former une jeunesse européenne qui comprend la Chine, sa culture et sa langue: Les Quatre livres extraordinaires, la poésie du Poète Immortel Li Bai ou encore les romans de Lun Xun. Appréhender la Chine, c'est également comprendre une génération victime de la Révolution Culturelle et ses Laogai, camps de rééducation par le travail, un traumatisme comparable à une Guerre Mondiale. Négocier avec la Chine, c'est enfin savoir que les Chinois n'ont, souvent, pas oublié les traités inégaux ou encore le sac du Palais d'Eté orchestré par l'Impératrice Eugénie en 1860. Autant de savoirs à maîtriser afin de mieux comprendre le nouveau géant qui entend rythmer le XXIème siècle et retrouver sa place dans l'Histoire.

L'Histoire n'a en effet jamais connu transferts de puissance aussi rapides. Et la Chine offre un modèle unique. Dans un monde dominé par les GAFA, la Chine est le seul endroit au monde à offrir une vraie option alternative: les BAXT. Souvent peu connus en Occident, Baidu, Alibaba, Xiaomi et Tencent dominent pourtant l'univers technologique chinois. Un combat qui s'annonce central et dont très peu mesurent les conséquences alors qu'il y a quelques jours, WeChat annonçait sa venue en Europe. Autre exemple, la valorisation de Tencent a dépassé celle de Facebook en février. Autrement dit, la Chine ne représente pas qu'une menace pour la France mais offre de vraies opportunités face à l'hégémonie américaine.

Néanmoins, la France est-elle encore de taille pour dialoguer équitablement avec la Chine? Si sur le plan géopolitique, Emmanuel Macron souhaite affirmer son ambition en redonnant à raison un nouveau souffle aux relations franco-chinoises, il est conscient de la taille de son pays. Si la France bénéficie incontestablement d'une très bonne image en Chine, la logique est purement physique. La France n'est pas un géant. Jing-Jin-Ji, la mégalopole regroupant Pékin et Tianjin regroupera bientôt près de 100 millions d'habitants, une fois et demi la France. Avec un déficit commercial de 30 milliards d'euros avec la Chine en 2017, la France semble être reléguée à jouer un second rôle.

Alors si la France n'a pas la taille idoine, quoi de mieux que l'Union européenne? En réaffirmant son unité et sa position de leader économique, l'Union européenne se positionnera comme l'interlocutrice naturelle du géant asiatique. La politique très pro-américaine de Trump accélère le retrait des intérêts américains en Asie, en faisant une belle place aux intérêts chinois. Une chance pour l'Europe. Par l'Europe, nous pourrons accéder plus équitablement au marché chinois et négocier plus facilement sur des sujets comme l'environnement. Mais, "L'Europe: quel numéro de téléphone?" À nous, jeune génération, de le composer car c'est par l'Europe que la France parviendra pleinement à coopérer et défendre ses intérêts face à la Chine.

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Après les récents coups de théâtre électoraux, 3 scénarios possibles pour les prochaines élections législatives en Italie

Le Huffington Post - ven, 02/16/2018 - 07:00

Le 4 mars prochain auront lieu les élections législatives en Italie: avec le renouvellement de la Chambre des députés et du Sénat, ces élections marqueront un cap important dans la vie politique du pays, en définissant une majorité politique qui pourrait être soit complètement inédite, soit représenter un retour en arrière de 25 ans, voire plus.

La législature qui s'achève a commencé fin février 2013 avec plusieurs coups de théâtre électoraux qui ont bouleversé le paysage politique italien: l'explosion des populistes du Mouvement 5 étoiles, créé par le comédien Beppe Grillo (une sorte de "Coluche italien") qui avait obtenu 25% des voix lors de son premier test électoral; la "non-victoire" de la coalition de centre-gauche, construite autour du Parti démocrate, qui avait obtenu seulement 30% entravant ainsi l'ascension au gouvernement du candidat au poste de Premier ministre, l'ancien social-démocrate Pier Luigi Bersani; le déclin partiel de Silvio Berlusconi, maître de la scène politique depuis 20 ans. Ce dernier sera, peu après les élections, interdit d'exercice de toute fonction publique suite à une condamnation dans l'un de ses (nombreux) procès, mais qui réussira tout de même à participer au gouvernement du démocrate Enrico Letta, soutenu par une coalition entre centre-gauche et centre-droit, nécessaire afin d'avoir une majorité parlementaire au Sénat (tout comme cela se passera par la suite en Allemagne et en Espagne).

Ces événements avaient ouvert la voie au jeune maire de Florence, ancien membre de la jeunesse centriste, Matteo Renzi: après la courte parenthèse du gouvernement Letta, Matteo Renzi sera à partir de février 2014 et pendant 3 ans le nouveau premier secrétaire du PD et le Premier ministre d'un gouvernement de coalition entre PD et centristes, salué après les 40% du PD aux élections européennes de 2014 comme un des nouveaux protagonistes de la mouvance "néo-blairienne" du centre-gauche européen, notamment avec Manuel Valls en France et Pedro Sanchez en Espagne.

Cinq ans plus tard, Matteo Renzi semble partager avec ses anciens compagnons de route le même destin: contraint à démissionner du poste de Premier ministre après l'échec cuisant du référendum constitutionnel de fin 2016, il est aujourd'hui secrétaire d'un Parti démocrate profondément affaibli, et crédité dans les sondages de 22% de voix: l'exploit de 2014 n'est plus qu'un lointain souvenir. Les politiques libérales-démocrates du gouvernement Renzi –en termes de loi travail, école, fiscalité–, sa communication politique, sa proximité avec certains pouvoirs, notamment les aides versées à des banques en difficulté, ont, tout compte fait, empiré la situation politique italienne. Même si les indicateurs économiques montrent une légère reprise de l'économie nationale, l'électorat populaire semble, à présent, orienté principalement vers le Mouvement 5 étoiles, aujourd'hui considéré comme le premier mouvement politique du pays avec 28% des intentions de vote.

De plus, la partie la plus modérée, voire conservatrice, du pays s'est à nouveau tournée vers la coalition de centre-droit, estimée à 35% et parrainée par l'inachevable Silvio Berlusconi, de retour avec son parti conservateur Forza Italia et ses alliés de la Ligue du Nord. Selon la presse italienne, même les conservateurs du Parti populaire européen (PPE), Angela Merkel en tête, semblent miser sur Silvio Berlusconi, aujourd'hui âgé de 81 ans, en lui pardonnant ses déboires politiques et judiciaires pourvu qu'il puisse garantir l'exclusion du Mouvement 5 étoiles du gouvernement. Cependant, ce retour en force de la droite n'assure absolument pas le pays d'être à l'abri de tentations populistes: la Ligue du Nord a, ces dernières années, abandonné le discours sécessionniste pour afficher des positions manifestement proches des autres partis d'extrême-droite européens, en particulier le FN en France. La Ligue du Nord a notamment porté une campagne anti-immigrés qui est considérée par plusieurs observateurs politiques comme moralement responsable du dramatique acte de xénophobie qui a eu lieu dans la ville de Macerata en février 2018, où suite à un meurtre commis par un migrant, un ancien candidat aux municipales de la Ligue du Nord a tiré sur un groupe d'immigrés d'origine africaine. Depuis des mois, et encore plus suite à cet évènement, le thème de l'immigration s'impose dans le débat politique: l'économie du pays transalpin ne pouvant pas absorber le grand afflux de migrants arrivés sur les côtes italiennes pendant la crise migratoire de 2015 à 2017, la droite cherche à insuffler un sentiment de méfiance des classes les plus démunies vis-à-vis des immigrés, accusés à la fois de profiter de trop d'assistance publique et d'accepter de travailler à bas coût. Même les initiatives de contrôle des flux migratoires mises en place par le gouvernement de centre-gauche n'ont pas suffi à estomper ces craintes.

La seule vraie nouveauté du panorama politique pour ces élections est le mouvement de gauche "Liberi e Uguali" (Libres et égaux), mené par Pietro Grasso, président sortant du Sénat et ancien procureur général de Palerme, protagoniste avec Giovanni Falcone de la lutte contre la mafia sicilienne durant les années 90. Ce mouvement, crédité de 7-8% mais pouvant ambitionner selon les sondages les 15% des intentions de vote, est issu de la fusion de plusieurs mouvances et partis à la gauche du PD de Matteo Renzi. Il a permis de regrouper plusieurs anciens membres de la gauche sociale-démocrate ayant entre temps quitté le Parti démocrate –notamment Pier Luigi Bersani, l'ancien secrétaire du PD et candidat malheureux du centre-gauche en 2013, et l'ancien Premier ministre Massimo D'Alema–, des anciens ministres des gouvernement Prodi, et un nombre important de militants déçus du PD, socialistes et écologistes de gauche, jeunes des mouvements associatifs. Il représente aujourd'hui un pôle d'attraction pour la gauche réformiste et plurielle, car son programme politique est une réédition de celui porté par la coalition de centre-gauche en 2013.

Au vu des sondages, trois scénarios sont possibles au soir des élections: une victoire nette de la coalition de centre-droit formée de la Ligue du Nord et Forza Italia, avec le président du PPE au Parlement européen Antonio Tajani pressenti par la presse comme Premier ministre; une victoire du Mouvement 5 étoiles, qui pourrait s'allier à la Ligue du Nord pour constituer un gouvernement populiste; et enfin ce qui est à la fois le plus probable et le plus éclatant, un gouvernement entre Forza Italia et PD, passant par une rupture à droite (fort probable, au vu des positions très divergentes vis-à-vis de l'Europe entre la Ligue du Nord et Forza Italia) et un accord entre Matteo Renzi et Silvio Berlusconi au centre.

Cet accord serait en plus le préalable à un changement majeur même au sein du PD, qui a déjà exclu de ses listes la plupart des candidats de la gauche du parti, pour donner place à ceux qui s'inspirent ouvertement des mouvances centristes et libérales-démocrates, et ferait suite aux rencontres de Matteo Renzi avec Emmanuel Macron et Albert Rivera, leader du parti centriste espagnol "Ciudadanos". L'accord de gouvernement avec Silvio Berlusconi ne serait qu'un pas de plus vers le projet de porter le PD hors de la famille socialiste européenne, afin de le transformer en un "En marche" à l'italienne. On verrait alors émerger un "grand centre" destiné, au plan national, à hériter dans le long terme du consensus des modérés ayant longtemps voté Silvio Berlusconi, dans la lignée de la tradition centriste des démocrates-chrétiens italiens, et au plan européen, à participer à une liste transnationale libérale-démocrate et pro-européenne aux élections européennes 2019 dans le cadre de l'ALDE.

L'Italie ne se dirigerait-elle pas vers cette "stable instabilité du centre" qui l'a gouvernée depuis l'après-guerre? À suivre!

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